Le terme « Nanotechnologie » a été introduit il y a un dizaine d’années pour décrire des applications dans de multiples domaines scientifiques mais qui ont pour point commun d’étudier les propriétés et de manipuler la matière à l’échelle nanométrique, c’est-à -dire au niveau des atomes et des molécules.
L’objectif des nanotechnologies consiste à fabriquer des matériaux dont une des dimensions est inférieure à 100 nm et pour lesquels des propriétés particulières apparaissent par rapport aux matériaux de même composition mais de plus grande taille. Ces nanomatèriaux sont généralement constitués de nanoparticules qui contrairement aux particules fines issues des procédés de combustions ou d’origine naturelle, sont fabriquées en respectant un ordre et un agencement précis des atomes les composant. Cet ’ordre’ est à l’origine des propriétés particulières des nanoparticules. On parle souvent d’effet nano qui ouvre ainsi de très nombreux champs d’applications pour ces nanoparticules et nanomatèriaux. Ainsi les nanosciences et les nanotechnologies représentent un potentiel technologique et économique considérable, ainsi que de probables grandes avancées dans les domaines de la santé, des matériaux, et de l’énergie notamment.
Au niveau environnemental et énergétique, la réactivité accrue de certaines nanoparticules en font des candidates prometteuses pour fixer des polluants et développer des procédés de nouvelle génération. Grâce à la capacité de résister à des températures extrêmes comme celles atteintes dans les plasmas des réacteurs de fusion nucléaire, les nanomatèriaux vont certainement permettre des avancées significatives dans le domaine de la fusion (projet ITER). La modification des propriétés électroniques sous l’effet de rayonnements lumineux sont aujourd’hui mis à profit pour le développement de systèmes photovoltaïques mais aussi pour le traitement d’effluents (eau potable, effluents organiques, traitement des odeurs...).
Bien évidemment la déferlante des nanotechnologies amène son lot d’interrogations quant aux risques que pourra poser la prolifération de nanomatèriaux. Existe-t-il une toxicité d’un nouveau type avec l’avénement des nanotechnologies ?
Même si les connaissances scientifiques concernant leurs effets sur la santé et l’environnement ne sont qu’embryonnaires, certaines de leurs propriétés laissent déjà présager des risques. Leur taille manométrique peut en effet leur conférer de nouvelles propriétés biologiques dans la mesure où elles pourraient pénétrer à l’intérieur des cellules plus facilement que des particules de taille micrométrique. La composition chimique des nanoparticules peut également être pathogène. Des modifications de surface peuvent être apportées aux nanoparticules en fonction de l’application prévue, en particulier en greffant de nouvelles molécules à leur surface. Ces modifications peuvent avoir un impact majeur sur la toxicité ou l’innocuité des nanoparticules. Par ailleurs, les nanoparticules manufacturées peuvent avoir différentes formes (sphères, fibres, tubes, anneaux ou feuilles) qui influencent leur toxicité et leur solubilité. Leur capacité à former des agrégats est également un facteur de risque important.
Actuellement, il n’existe pas suffisamment de données ni de méthodologies adaptées pour évaluer les risques pour l’environnement et pour la santé de l’homme à cause du faible nombre d’études menées, d’un recul peu important sur cette nouvelle forme d’exposition et de la grande diversité des nanoparticules produites.



